L’engagement d’Andrée Ascoët dans le Télégramme

andree-ascoetVoici un interview d’Andrée dans le quotidien

Le Telegramme de Quimper du 23 Octobre

Le premier salon de la bio et du bien-être « Breizh Nature » aura lieu à Penvillers, à Quimper, début janvier. Un partenariat, entre autres, avec l’association végétarienne de France. La Douarneniste Andrée Ascoët, déléguée locale, fait le point sur une pratique qui interpelle de plus en plus, à l’heure où les abattoirs et les menus de substitution dans les cantines font l’actualité.

Comment devient-on végétarien ? 
Il y a plusieurs portes d’entrée. Certains, souvent les plus jeunes y viennent pour la protection animale et des questions d’éthique, d’autres plus âgés pour des motivations de santé. Pour ma part, j’y suis venue par une troisième voie. Il y avait déjà un terrain favorable à la maison où je cuisinais beaucoup de légumes. La viande n’était pas au menu de tous les repas. Le déclic est venu quand j’ai compris les répercussions que nos élevages avaient sur les pays du Sud, l’Afrique, l’Amérique du sud. Pour nourrir nos animaux, les terres y sont accaparées pour les cultures de soja et maïs qui déstabilisent les économies locales. S’y ajoutait aussi pour moi, le souci de la préservation de l’environnement. Je suis de Douarnenez et je connais les algues vertes.

Cela a été facile ? 
C’était en 2002. J’ai arrêté la viande et le poisson du jour au lendemain. Je mangeais beaucoup de poissons frais à Douarnenez. J’ai eu du mal à arrêter. Mais j’ai aussi pu lire des articles sur la souffrance des poissons pêchés. Sans compter que leur chair peut être contaminée vu la pollution des océans en métaux lourds. Plus tard naturellement, je suis devenue végétalienne, c’est-à-dire que j’ai aussi supprimé les oeufs et les produits laitiers.

Le végétarisme est répandu en Bretagne ? 
Je pense que les Bretons, notamment ici dans le Finistère, sont disposés à tout ce qui est alternatif. J’ai fait l’expérience de ce côté rebelle quand j’ai animé des stands dans des régions qui semblaient plus conservatrices sur ces sujets.

Vous avez adhéré à l’association végétarienne de France ? 

Oui dès le départ, pour être accompagnée, conseillée. Puis en 2010 je suis devenue une des trois déléguées finistériennes. Nous avons environ 600 adhérents dans le Finistère. Il ne s’agit pas de groupes locaux organisés. Nous proposons des activités régulièrement, par exemple des rencontres dans les restaurants « l’Effet Papillon » à Quimper ou « Ah la belle histoire » à Concarneau. Nous organisons aussi des balades pique-nique. Enfin les délégués tiennent des stands d’information dans les salons, mais il y en a peu dans la région (il y a notamment la foire bio de Trégunc). C’est pour cela que nous sommes ravis de l’initiative quimpéroise.

Quels sont vos arguments ? 
Nous mettons en avant les bénéfices des protéines légumineuses : haricot sec, fève, pois chiche, lentilles, pois cassé, qui apportent les acides aminés essentiels. Ce message a du mal à passer dans les médias vu le poids des lobbys de la viande.

Ce n’est pas difficile dans un pays d’élevage comme le nôtre ? 
C’est vrai que vu les problèmes des éleveurs il est difficile de se faire entendre. C’est à ce niveau que notre sensibilité environnementale entre en jeu. Nous sommes pour une transition douce qui permette aussi l’émergence de nouveaux emplois. Nous rencontrons d’ailleurs de plus en plus d’éleveurs accueillants, ouverts à la discussion. Nous pouvons nous entendre sur une diminution progressive de la viande animale en allant aussi vers plus de qualité. Nous étions présents lors de la Pig Parade à Quimper, un peu inquiets. Mais finalement, cela s’est bien passé.

Vous n’avez pas un discours agressif ? 
Nous préférons être rassurants. Nous laissons à d’autres associations les discours plus fermes sur la souffrance animale. Dans nos documents, nous n’avons pas d’images d’abattoirs. Nous ne sommes pas là pour faire pleurer. Nous préférons que les personnes fassent elle-même leur cheminement.

Le végétarisme progresse ? 
Nous sommes de plus en plus sollicités par exemple par des parents pour les cantines d’écoles. Il me semble que dans le Finistère, seuls deux établissements proposent un menu végétarien, l’école de Suscinio à Morlaix et le collège de Plouhinec dans le Cap-Sizun, mais il y a aussi des opérations ponctuelles. Il faudrait développer, mais je manque de temps. Pendant trois années, j’ai aussi participé à la réalisation de 600 repas par jour pour le Festival de cinéma de Douarnenez.

Que proposerez-vous au salon Breizh Nature de Quimper ? 
J’animerai des ateliers cuisines et il y aura bien sûr toute l’information nécessaire.

« Breizh Nature » Salon de la bio et du bien-être les 16 et 17 janvier à Penvillers : gastronomie et vins bio, beauté et santé au naturel, écohabitat et jardin, tourisme vert, éco mode et accessoires, etc. Andrée Ascoët tél. 06.84.80.31.09. mél. ascoet@no-log.org


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